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Budget

La méthode 50/30/20 expliquée

Découvrez cette méthode simple et efficace pour organiser votre budget mensuel.

8 min de lecture
18 janvier 2025

Origine de la méthode 50/30/20

La méthode 50/30/20 a été popularisée par Elizabeth Warren, sénatrice américaine et professeure de droit à Harvard, dans son ouvrage All Your Worth: The Ultimate Lifetime Money Plan, co-écrit avec sa fille Amelia Warren Tyagi en 2005. Cette règle budgétaire est née d'une observation simple mais puissante : les personnes qui répartissent intelligemment leurs revenus entre besoins essentiels, envies personnelles et épargne parviennent à construire une stabilité financière durable sans se priver excessivement.

Le principe est d'une simplicité remarquable : vous divisez votre revenu net après impôts en trois grandes catégories. 50 % sont consacrés à vos besoins essentiels, 30 % à vos envies et plaisirs, et 20 % à votre épargne et au remboursement de vos dettes. Cette approche a l'avantage d'être suffisamment flexible pour s'adapter à la plupart des situations tout en offrant un cadre structurant pour ceux qui ne savent pas par où commencer.

Les trois catégories en détail

50 % pour les besoins essentiels

La première catégorie, représentant la moitié de votre revenu net, couvre toutes les dépenses indispensables à votre quotidien. Ce sont les charges auxquelles vous ne pouvez tout simplement pas échapper sans compromettre votre bien-être fondamental ou vos obligations légales.

  • Le loyer ou les mensualités de crédit immobilier : c'est généralement le poste le plus important. En France, le loyer représente en moyenne 25 à 35 % du revenu net, selon la ville.
  • Les charges locatives et la taxe d'habitation (si applicable) : eau, ordures ménagères, entretien des parties communes.
  • Les assurances obligatoires : assurance habitation, assurance auto si vous possédez un véhicule, mutuelle santé complémentaire.
  • L'alimentation de base : les courses alimentaires nécessaires pour vous nourrir au quotidien (hors restaurants et repas plaisir).
  • Les transports essentiels : abonnement Navigo, carburant pour les trajets domicile-travail, assurance et entretien véhicule.
  • Les factures d'énergie : électricité, gaz, chauffage.
  • Le forfait téléphone et Internet : dans la mesure où ils sont devenus indispensables à la vie professionnelle et personnelle.
  • Les frais de garde d'enfants : crèche, assistante maternelle, cantine scolaire.
  • Les mensualités de crédits en cours : crédit auto, prêt étudiant (la partie obligatoire du remboursement).

Le test pour déterminer si une dépense est un besoin est simple : pourriez-vous vous en passer sans mettre en péril votre santé, votre sécurité ou votre capacité à travailler ? Si la réponse est non, c'est un besoin essentiel.

30 % pour les envies et plaisirs

Cette catégorie regroupe tout ce qui rend la vie agréable mais qui n'est pas strictement nécessaire à votre survie. C'est la catégorie que beaucoup de méthodes budgétaires ont tendance à négliger, mais qui est pourtant essentielle pour tenir un budget sur la durée. Un budget trop restrictif est un budget que vous abandonnerez au bout de quelques semaines.

  • Les sorties et les loisirs : restaurants, cinéma, concerts, spectacles, bars.
  • Les abonnements de divertissement : Netflix, Spotify, salles de sport, magazines.
  • Le shopping : vêtements au-delà du strict nécessaire, décoration, gadgets, livres.
  • Les vacances et les voyages : billets d'avion, hébergements, activités touristiques.
  • Les repas à l'extérieur : déjeuners au restaurant, commandes Uber Eats ou Deliveroo.
  • Les hobbies : matériel de sport, cours de cuisine, instruments de musique.
  • Les cadeaux : anniversaires, Noël, occasions spéciales.
  • Les soins personnels non essentiels : coiffeur haut de gamme, cosmétiques de luxe, spa.

La frontière entre besoins et envies peut parfois être floue. Par exemple, un abonnement Internet basique est un besoin, mais passer à une offre fibre premium avec toutes les chaînes TV est une envie. De même, se nourrir est un besoin, mais commander des sushis livrés à domicile trois fois par semaine relève clairement de l'envie.

20 % pour l'épargne et le remboursement de dettes

Les 20 % restants constituent le moteur de votre santé financière à long terme. Cette catégorie se divise en deux sous-ensembles :

  • L'épargne de précaution : constituer un fonds d'urgence équivalent à 3 à 6 mois de dépenses sur un Livret A ou un LDDS.
  • L'épargne projet : apport immobilier, achat de voiture, financement d'une formation.
  • L'investissement à long terme : assurance-vie, PEA, SCPI, ETF pour préparer votre retraite ou faire fructifier votre patrimoine.
  • Le remboursement anticipé de dettes : rembourser plus que le minimum exigé sur vos crédits pour réduire le coût total des intérêts.
  • La constitution d'un capital retraite complémentaire : PER (Plan d'Épargne Retraite) pour compléter votre future pension.

Conseil Wealth.OS : Priorisez toujours le fonds d'urgence en premier. Avant de penser à investir, assurez-vous d'avoir au moins 3 mois de dépenses essentielles sur un compte accessible immédiatement. Ce matelas de sécurité est le fondement de toute stratégie financière saine.

Comment calculer avec votre revenu net

En France, le calcul est relativement simple car votre fiche de paie affiche déjà votre salaire net après prélèvement à la source. C'est ce montant qui doit servir de base à la répartition 50/30/20. Si vous avez des revenus complémentaires (freelance, revenus locatifs, dividendes), ajoutez-les après déduction des charges et impôts associés.

Exemple concret avec un salaire français

Prenons l'exemple de Sophie, 32 ans, salariée à Lyon, qui perçoit un revenu net après impôts de 2 500 euros par mois :

  • 50 % pour les besoins = 1 250 €
    • Loyer (T2 à Lyon) : 650 €
    • Charges locatives : 80 €
    • Assurance habitation : 20 €
    • Mutuelle (part salarié) : 45 €
    • Courses alimentaires : 280 €
    • Abonnement TCL (transports) : 70 €
    • Forfait mobile + Internet : 45 €
    • Électricité : 60 €
    • Total : 1 250 €
  • 30 % pour les envies = 750 €
    • Restaurants et sorties : 200 €
    • Abonnements (Netflix, Spotify, salle de sport) : 65 €
    • Shopping et vêtements : 120 €
    • Loisirs et culture : 80 €
    • Provision vacances : 200 €
    • Divers plaisirs : 85 €
    • Total : 750 €
  • 20 % pour l'épargne = 500 €
    • Livret A (fonds d'urgence) : 150 €
    • Assurance-vie (investissement long terme) : 200 €
    • PEA (actions/ETF) : 150 €
    • Total : 500 €

Cet exemple illustre une répartition équilibrée, mais Sophie pourrait bien entendu ajuster les montants au sein de chaque catégorie selon ses priorités du moment.

Adapter les ratios selon votre situation

Paris vs province : une réalité bien différente

Si vous vivez à Paris ou en Île-de-France, la règle des 50 % pour les besoins essentiels peut rapidement être mise à rude épreuve. Le loyer moyen d'un studio à Paris dépasse les 900 euros, et un T2 dans un arrondissement correct atteint facilement 1 200 à 1 500 euros. Pour un salaire net de 2 500 euros, le loyer seul peut représenter 36 à 60 % du revenu.

Dans ce cas, il est réaliste d'ajuster la répartition en 60/20/20 voire 55/25/20, en compressant les envies plutôt que l'épargne. L'objectif est de ne jamais descendre en dessous de 15 % d'épargne, même dans les situations les plus tendues.

En province ou dans des villes moyennes (Rennes, Toulouse, Nantes, Strasbourg), le coût du logement est nettement plus bas, ce qui permet souvent de respecter la règle initiale, voire d'épargner davantage. Un loyer de 500 à 700 euros pour un T2 laisse une marge confortable pour les autres postes de dépenses.

Avec ou sans enfants

L'arrivée d'un enfant bouleverse naturellement l'équilibre budgétaire. Les frais de crèche (entre 200 et 600 euros par mois selon les revenus et la commune), l'alimentation supplémentaire, les vêtements, les activités extra-scolaires et les fournitures pèsent significativement sur le budget. Un couple avec deux enfants pourrait adopter une répartition 55/25/20, en intégrant les aides de la CAF (allocations familiales, complément de libre choix du mode de garde) dans le calcul du revenu disponible.

En phase de remboursement de dettes

Si vous avez un crédit à la consommation ou un prêt étudiant important, vous pouvez temporairement passer à une répartition 50/20/30, en consacrant 30 % au remboursement accéléré de vos dettes et en réduisant les envies à 20 %. Une fois la dette soldée, vous revenez au schéma classique avec une capacité d'épargne renforcée.

Outils de suivi pour appliquer la méthode

La méthode 50/30/20 ne fonctionne que si vous suivez réellement vos dépenses. Plusieurs options s'offrent à vous :

  • Un tableur simple (Excel ou Google Sheets) : idéal pour les personnes qui aiment contrôler chaque ligne, avec des formules qui calculent automatiquement les pourcentages.
  • Wealth.OS : la plateforme catégorise automatiquement vos transactions et vous montre en temps réel si vous respectez vos objectifs 50/30/20. Des alertes vous préviennent lorsque vous approchez des limites de chaque catégorie.
  • La méthode des sous-comptes : ouvrez trois comptes (ou sous-comptes) distincts et mettez en place des virements automatiques le jour de la paie pour ventiler immédiatement votre salaire.

Les erreurs les plus courantes

Même avec une méthode aussi simple, certains pièges sont fréquents :

  1. Confondre besoins et envies : un abonnement à une salle de sport premium à 70 €/mois n'est pas un besoin. Un smartphone dernier cri à 1 200 euros n'est pas un besoin. Soyez honnête avec vous-même dans la classification.
  2. Oublier les dépenses annuelles : assurance auto, taxe foncière, cadeaux de Noël. Ramenez-les à un montant mensuel et intégrez-les dans la bonne catégorie.
  3. Ne pas ajuster au fil du temps : vos revenus et vos besoins évoluent. Réévaluez votre budget tous les 3 à 6 mois, et à chaque changement de situation (augmentation, déménagement, naissance).
  4. Culpabiliser sur les 30 % de plaisirs : cette catégorie existe pour une bonne raison. Ne la supprimez pas au profit de l'épargne, vous risqueriez de craquer et de tout abandonner.
  5. Ignorer l'inflation : les prix augmentent, vos catégories doivent suivre. Réévaluez régulièrement vos montants en valeur absolue, pas seulement en pourcentage.

Variantes de la méthode

La méthode 50/30/20 n'est pas gravée dans le marbre. Plusieurs variantes existent pour s'adapter à des profils différents :

  • La règle 80/20 : simplification extrême où vous épargnez 20 % et dépensez 80 % sans distinction entre besoins et envies. Idéale pour ceux qui trouvent la catégorisation trop contraignante.
  • La règle 60/20/20 : adaptée aux grandes villes où les besoins essentiels dépassent 50 %. Les 20 % d'envies restent suffisants pour maintenir une bonne qualité de vie.
  • La règle 50/30/20 inversée (50/20/30) : pour les profils agressifs en épargne, typiquement les adeptes du mouvement FIRE (Financial Independence, Retire Early), qui visent 30 % ou plus d'épargne et réduisent les envies à 20 %.
  • La règle 70/20/10 : souvent recommandée pour les revenus plus modestes (SMIC ou salaire proche), où les besoins essentiels consomment naturellement une part plus élevée du revenu.

L'essentiel n'est pas de respecter les pourcentages à la virgule près, mais de créer un cadre qui vous aide à prendre des décisions financières conscientes. La méthode 50/30/20 est un point de départ, pas une prison. Adaptez-la à votre réalité, suivez vos progrès avec Wealth.OS, et ajustez au fur et à mesure que votre situation évolue.

En résumé : La méthode 50/30/20 est un outil puissant par sa simplicité. Elle vous donne un cadre clair pour organiser vos finances sans vous noyer dans les détails. Commencez dès ce mois-ci : calculez votre revenu net, appliquez les trois pourcentages, et observez comment cette structure transforme progressivement votre rapport à l'argent.

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