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Investissement

Débuter en bourse : le guide complet

Tout ce qu'il faut savoir pour faire ses premiers pas en bourse en France.

10 min de lecture
25 janvier 2025

Qu'est-ce que la bourse et comment fonctionne-t-elle ?

La bourse est un marché organisé où s'échangent des titres financiers : actions, obligations, fonds d'investissement et produits dérivés. En France, la principale place boursière est Euronext Paris, qui accueille les plus grandes entreprises françaises cotées. Lorsque vous achetez une action, vous devenez copropriétaire d'une fraction de l'entreprise et vous participez à ses résultats, qu'ils soient positifs ou négatifs.

Le mécanisme est simple en théorie : le prix d'une action est déterminé par la loi de l'offre et de la demande. Si davantage d'investisseurs souhaitent acheter un titre que le vendre, son cours monte. À l'inverse, si les vendeurs sont plus nombreux, le cours baisse. Ce jeu permanent entre acheteurs et vendeurs crée la dynamique quotidienne des marchés financiers.

Pour un débutant, il est essentiel de comprendre que la bourse n'est pas un casino. C'est un outil de financement de l'économie réelle : les entreprises lèvent des capitaux pour se développer, et les investisseurs espèrent être rémunérés en échange du risque qu'ils prennent. Sur le long terme, les marchés actions ont historiquement offert un rendement annuel moyen de 7 à 10 % brut, inflation déduite, ce qui en fait l'un des placements les plus performants.

Les principaux indices boursiers à connaître

Un indice boursier est un panier d'actions qui représente la performance d'un marché ou d'un segment de marché. Voici les trois indices que tout investisseur français devrait connaître :

Le CAC 40

Le CAC 40 (Cotation Assistée en Continu) regroupe les 40 plus grandes capitalisations boursières françaises cotées sur Euronext Paris. On y retrouve des géants comme LVMH, TotalEnergies, Sanofi ou L'Oréal. Cet indice est la référence pour mesurer la santé du marché actions français. Depuis sa création en 1987, le CAC 40 a connu des hausses spectaculaires mais aussi des crises sévères, avec une tendance haussière de long terme d'environ 8 % par an dividendes réinvestis.

Le S&P 500

Le S&P 500 regroupe les 500 plus grandes entreprises américaines cotées en bourse. C'est l'indice le plus suivi au monde et un baromètre incontournable de l'économie mondiale. Avec des sociétés comme Apple, Microsoft, Amazon ou Alphabet, il offre une exposition au dynamisme technologique américain. Sa performance annualisée sur les 30 dernières années dépasse les 10 % brut.

Le MSCI World

Le MSCI World est un indice global qui suit environ 1 500 entreprises de grande et moyenne capitalisation dans 23 pays développés. Il offre une diversification géographique instantanée : environ 70 % d'actions américaines, 6 % japonaises, 4 % britanniques et le reste réparti dans d'autres économies développées. C'est souvent l'indice de référence recommandé pour les investisseurs passifs qui souhaitent une exposition mondiale simple.

Les différents types d'ordres en bourse

Lorsque vous passez un ordre d'achat ou de vente, plusieurs options s'offrent à vous :

  • Ordre au marché : votre ordre est exécuté immédiatement au meilleur prix disponible. C'est le plus simple mais vous ne maîtrisez pas le prix d'exécution exact, surtout sur les titres peu liquides.
  • Ordre à cours limité : vous fixez un prix maximum à l'achat ou minimum à la vente. L'ordre ne sera exécuté que si le marché atteint votre prix. C'est le type d'ordre le plus recommandé pour les débutants car il évite les mauvaises surprises.
  • Ordre à seuil de déclenchement (stop) : l'ordre ne se déclenche que lorsqu'un certain cours est atteint. Il est souvent utilisé pour limiter les pertes : par exemple, vous pouvez placer un stop à -10 % sous votre prix d'achat pour vendre automatiquement si le titre chute.
  • Ordre à plage de déclenchement : combinaison d'un ordre stop et d'un ordre limité, il offre un contrôle plus fin en définissant une fourchette de prix acceptable.

Conseil Wealth.OS : pour vos premiers investissements, privilégiez systématiquement les ordres à cours limité. Ils vous protègent contre les variations brusques de prix et vous permettent de garder le contrôle sur vos transactions.

Choisir son courtier en France

Le choix de votre courtier (ou broker) est une décision importante car il déterminera les frais que vous paierez et les outils dont vous disposerez. Voici les principales options disponibles pour les investisseurs français :

Les banques traditionnelles

BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole ou encore Boursorama proposent des services de courtage. L'avantage est la simplicité si vous êtes déjà client. L'inconvénient majeur réside dans les frais souvent élevés : comptez entre 5 et 15 euros par ordre, voire davantage pour les marchés étrangers. Boursorama se distingue avec des tarifs plus compétitifs grâce à son modèle de banque en ligne.

Les courtiers en ligne spécialisés

Des acteurs comme Bourse Direct, Fortuneo ou Saxo Banque proposent des frais nettement plus bas, souvent entre 0,99 et 3,90 euros par ordre sur Euronext. Ils offrent également des plateformes de trading plus complètes avec des outils d'analyse technique et fondamentale.

Les néo-courtiers

Trade Republic, Scalable Capital ou encore DEGIRO ont bouleversé le marché avec des frais proches de zéro (1 euro par ordre chez Trade Republic, voire gratuit sur certains plans). Attention cependant : ces courtiers ne proposent pas toujours le PEA et leur gamme de produits peut être plus limitée. Vérifiez toujours que le courtier est bien agréé par l'AMF ou par un régulateur européen équivalent.

PEA vs Compte-Titres Ordinaire (CTO)

C'est la question cruciale pour tout investisseur français. Ces deux enveloppes fiscales ont des caractéristiques très différentes :

Le Plan d'Épargne en Actions (PEA)

Le PEA est l'enveloppe star de l'investisseur français. Ses avantages sont considérables :

  • Fiscalité avantageuse : après 5 ans de détention, les plus-values et dividendes ne sont soumis qu'aux prélèvements sociaux de 17,2 %, contre 30 % (flat tax) sur un CTO.
  • Plafond de versements : 150 000 euros, ce qui est largement suffisant pour la plupart des investisseurs particuliers.
  • Univers d'investissement : actions européennes et certains ETF éligibles qui permettent d'investir indirectement sur les marchés mondiaux grâce à la réplication synthétique.

La contrainte principale est que tout retrait avant 5 ans entraîne la clôture du plan (sauf cas exceptionnels comme la création d'entreprise). C'est donc un outil pensé pour le long terme.

Le Compte-Titres Ordinaire (CTO)

Le CTO est plus souple mais fiscalement moins avantageux :

  • Aucune restriction géographique : vous pouvez investir sur tous les marchés mondiaux, acheter des actions américaines, asiatiques ou des produits complexes.
  • Pas de plafond de versement : investissez autant que vous le souhaitez.
  • Retraits libres : vous pouvez retirer votre argent à tout moment sans contrainte.
  • Fiscalité : les gains sont soumis au PFU (prélèvement forfaitaire unique) de 30 %, ou sur option au barème progressif de l'impôt sur le revenu.

Recommandation Wealth.OS : commencez par remplir votre PEA avant d'ouvrir un CTO. La différence fiscale de 12,8 % sur les plus-values (17,2 % vs 30 %) représente un gain significatif sur le long terme. Un investisseur qui place 10 000 euros avec un rendement de 8 % par an pendant 20 ans économisera plus de 8 000 euros d'impôts grâce au PEA.

Ouvrir votre premier compte et construire votre portefeuille

L'ouverture d'un PEA est simple et rapide. Vous aurez besoin d'une pièce d'identité, d'un justificatif de domicile et d'un RIB. La plupart des courtiers en ligne permettent une ouverture 100 % dématérialisée en moins de 15 minutes. Notez qu'il n'est possible de détenir qu'un seul PEA par personne.

Une fois votre compte ouvert, ne vous précipitez pas pour investir la totalité de votre capital. Voici une approche structurée pour construire votre premier portefeuille :

  1. Définissez votre profil de risque : êtes-vous prêt à voir votre portefeuille baisser de 30 % temporairement en échange de rendements potentiellement plus élevés ? Votre tolérance au risque déterminera la répartition entre actions et placements plus sûrs.
  2. Choisissez une allocation simple : pour débuter, un seul ETF MSCI World éligible PEA (comme le Amundi MSCI World UCITS ETF, code ISIN LU1681043599) peut suffire. Vous obtenez une diversification sur plus de 1 500 entreprises dans 23 pays.
  3. Investissez progressivement : plutôt que de placer 10 000 euros d'un coup, étalez vos achats sur 6 à 12 mois grâce au DCA (Dollar Cost Averaging). Par exemple, investissez 500 euros le 1er de chaque mois. Cette méthode lisse votre prix d'entrée et réduit l'impact de la volatilité.
  4. Automatisez si possible : certains courtiers permettent de programmer des achats automatiques mensuels, ce qui élimine le biais émotionnel.

Comprendre les frais : l'ennemi silencieux de votre performance

Les frais sont souvent sous-estimés par les débutants, pourtant ils ont un impact colossal sur le long terme à cause de l'effet des intérêts composés. Voici les principaux frais à surveiller :

  • Frais de courtage : prélevés à chaque achat et vente. Ils varient de 0 euro (certains plans de néo-courtiers) à plus de 10 euros par ordre chez les banques traditionnelles.
  • Droits de garde : frais annuels pour la conservation de vos titres. Beaucoup de courtiers en ligne les ont supprimés, mais les banques traditionnelles les facturent encore souvent.
  • Frais de gestion des ETF (TER) : exprimés en pourcentage annuel, ils sont prélevés directement sur la valeur du fonds. Un ETF MSCI World coûte typiquement entre 0,12 % et 0,38 % par an. Un fonds actif traditionnel peut coûter entre 1,5 % et 2,5 % par an.
  • Spread (écart de cotation) : la différence entre le prix d'achat et le prix de vente d'un titre. Plus un titre est liquide, plus le spread est faible.

Pour illustrer l'impact des frais, prenons un exemple concret : sur un investissement de 300 euros par mois pendant 30 ans avec un rendement brut de 8 %, la différence entre des frais de 0,25 % (ETF) et de 2 % (fonds actif) représente plus de 120 000 euros de manque à gagner. Choisir des produits à faibles frais est donc l'une des décisions les plus rentables que vous puissiez prendre.

L'importance de l'investissement à long terme

La bourse récompense la patience. Voici quelques statistiques qui illustrent ce principe fondamental :

  • Sur une période de 1 jour, la probabilité de gagner de l'argent en bourse est d'environ 53 %.
  • Sur 1 an, cette probabilité monte à environ 73 %.
  • Sur 10 ans, elle dépasse 94 %.
  • Sur 20 ans, elle est historiquement de quasiment 100 % sur les grands indices mondiaux.

Le secret de la performance à long terme réside dans la puissance des intérêts composés. Un capital de 10 000 euros investi à 8 % par an devient 21 589 euros après 10 ans, 46 610 euros après 20 ans et 100 627 euros après 30 ans. C'est l'effet boule de neige : vos gains génèrent eux-mêmes des gains.

La pire erreur serait de tenter de chronométrer le marché (market timing). Les études montrent que manquer les 10 meilleures journées boursières sur 20 ans divise votre rendement par deux. Or, ces meilleures journées surviennent souvent juste après les pires, au moment où la tentation de vendre est la plus forte.

Les erreurs classiques du débutant

Voici les pièges les plus fréquents que Wealth.OS vous aide à éviter :

  1. Investir de l'argent dont on pourrait avoir besoin à court terme : gardez toujours une épargne de précaution de 3 à 6 mois de dépenses sur un livret avant d'investir en bourse.
  2. Suivre les modes et les conseils de forums : les actions «meme stocks» ou les recommandations d'influenceurs sont souvent des pièges. Restez fidèle à votre stratégie.
  3. Paniquer lors des baisses : une chute de 20 % est statistiquement normale et survient en moyenne tous les 3 à 4 ans. C'est une opportunité d'acheter à prix réduit, pas une raison de vendre.
  4. Trop diversifier ou trop concentrer : un seul ETF monde suffit pour débuter. À l'inverse, mettre 50 % de son portefeuille sur une seule action est très risqué.
  5. Négliger les frais : comme vu précédemment, un écart de frais apparemment minime peut coûter des dizaines de milliers d'euros sur une vie d'investisseur.
  6. Regarder son portefeuille tous les jours : les fluctuations quotidiennes génèrent du stress inutile et poussent à des décisions émotionnelles. Consultez votre portefeuille une fois par mois maximum.

Votre plan d'action pour commencer dès aujourd'hui

Voici un plan concret en 7 étapes pour débuter sereinement :

  1. Constituez votre épargne de précaution : 3 à 6 mois de dépenses sur un Livret A ou LDDS.
  2. Formez-vous : lisez les articles de Wealth.OS, suivez les bases de l'investissement passif et comprenez ce que vous achetez.
  3. Ouvrez un PEA chez un courtier en ligne compétitif (Bourse Direct, Fortuneo, Boursorama).
  4. Commencez petit : 50 à 200 euros par mois suffisent pour prendre de bonnes habitudes.
  5. Achetez un ETF monde (MSCI World éligible PEA) en DCA mensuel.
  6. Automatisez et oubliez : programmez vos virements et vos achats mensuels.
  7. Réévaluez une fois par an : ajustez votre allocation si nécessaire, mais ne touchez à rien le reste du temps.

Wealth.OS vous accompagne dans chaque étape de votre parcours d'investisseur. Grâce à nos outils de suivi de portefeuille, de simulation et d'analyse des frais, vous disposez de tout ce qu'il faut pour investir en toute confiance et bâtir votre patrimoine financier sur le long terme.

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